Test VIVOBAREFOOT Trail Freak par un expert en biomécanique

Frédéric Brigaud consultant en biomécanique et expert des chaussures minimalistes a testé pour vous la VIVOBAREFOOT TRAIL FREAK :

Test Vivobarefoot Trail Freak

Il est 9h, Chamonix est mille mètres plus bas, on alterne marche et course sur le sentier de randonnée du plan de l’Aiguille, le sol est encore humide suite à la pluie de cette nuit. Le parcours est idéal pour tester de nouveau cette chaussure après avoir effectué, la veille, une randonnée/course comportant des passages plus techniques entre Argentière et le col du Montet.

C’est une chaussure de course à pied minimaliste pour les sentiers. A première vue nous pourrions être surpris par la forme et l’importance du grip de la semelle et pourtant, une fois aux pieds, on ne le ressent pas ; il assure une accroche efficace et protège, dans une certaine mesure, des cailloux pointus (en fonction de la taille de ceux-ci). Un autre élément essentiel, la neutralité de la semelle qui n’altère pas la biomécanique du pied.

C’est donc une chaussure globalement neutre, sans drop (pas de différence de hauteur entre l’avant-pied et le talon), sans amorti, se chaussant et se déchaussant rapidement, idéale pour les amoureux de la prise d’appui avant-pied responsable et lucide puisque nous flirtons avec le « comme pieds nus ». Dès lors, c’est au coureur d’être conscient de ce qu’il peut entreprendre avec cette chaussure.

C’est pourquoi, avant de courir à pleine vitesse sur les sentiers, il est conseillé, comme pour toutes nouvelles paires de chaussures, de tester le comportement de celles-ci et du grip à faible allure et sur différents types de terrain (terre, graviers, rochers, humide, sec,…) et de faire évoluer sa technique si nécessaire. Une fois que vous l’aurez « bien au pied » et que vous aurez ajusté vos perceptions, vous devriez prendre plaisir à l’utiliser.

Par ailleurs, même si cette chaussure semble exclusivement destinée aux coureurs, les marcheurs/randonneurs minimalistes, ils existent et sont plus nombreux qu’il n’y parait, devraient également y trouver leur compte car cette chaussure légère, au grip efficace, assure une bonne perception du sol et permet de limiter dans la marche l’attaque talon, voire pour ceux qui en ont l’habitude de l’éliminer complètement, que cela soit sur du plat, en montée ou en descente.

Quelques points clés :
– Le grip permet une accroche efficace en montée comme en descente sur les sentiers.
– La semelle est malléable et épouse ainsi facilement la surface sur laquelle on prend appui. Un avantage non négligeable qui améliore l’accroche. A noter la faible accroche sur les rochers humides ou mouillés. En mode course, la semelle ne convient pas sur les arrêtes des rochers ou les pierres saillantes, c’est pourquoi il est impératif de tester la prise d’appui en fonction de la taille et de la forme des pierres ou cailloux afin de savoir où et comment l’utiliser.
– La semelle retransmet assez précisément la force de réaction au sol ce qui permet au coureur de calibrer/ajuster au plus près sa prise d’appui et ainsi mieux contrôler l’amortissement.
– L’absence de Drop permet de descendre correctement le talon.
– La largeur de l’avant-pied (Toebox) assure un bon étalement de celui-ci. Si l’on chausse pour la première fois ce type de chaussures (dites minimalistes), on peut être surpris et avoir la sensation que le pied flotte dans la chaussure. Cela ne durera qu’un temps, le temps que le pied retrouve son « élasticité » et puisse s’étaler de nouveau.
– Une chaussure qui permet également de travailler sa technique, la qualité de sa prise d’appui, en raison de la justesse de la perception de la prise d’appui.

En une phrase, une chaussure minimaliste fine pour les sentiers !
Trail Freak sur commepiedsnus

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Une réponse

  1. Gilles dit :

    Bonjour,
    Je viens de faire un trail, le 25k du Trail des Balcons d'Azur et je ne suis pas satisfait de mes chaussures car trop rigides à mon gout. Les Trail Freak semblerait être la solution mais je souhaiterais un complément par rapport à la phrase suivante : "En mode course, la semelle ne convient pas sur les arrêtes des rochers ou les pierres saillantes". Cela veut-il dire que sur une course avec beaucoup de pierres saillantes, ces chaussures sont à éviter à tout prix au risque de se faire mal à la plante des pieds ? Je pose la question car la course de samedi dernier s'est déroulé sur un terrain de ce type.
    Si les trail freak ne répondent pas à ce type d’exigences, quelles chaussures pourraient me convenir ?

    Pour information, nous nous sommes croisés et avions discuté lors du dernier salon du running le vendredi midi. Sur route, je cours habituellement en Mizuno Evo Cursoris et Levitas (pour le marathon par exemple).

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